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Niki de Saint Phalle (1930-2002)

Dernière mise à jour : 18 nov. 2022

Catherine Marie Agnès Fal de Saint Phalle est née le 29 octobre 1930 à Neuilly-sur-Seine, en France. A l’âge de 18 ans, elle se marie à Harry Matthews, un ami de la famille qu’elle a rencontré quelques années auparavant. Pendant plusieurs années, Niki de Saint Phalle vit en nomade avec sa famille aux États-Unis puis en Europe. Durant cette période, Niki de Saint Phalle découvre la peinture à l’huile et la gouache tout en aspirant à une carrière d’actrice. En 1953, à l’âge de 23 ans, elle souffre d’une grave dépression nerveuse et est soignée dans un hôpital psychiatrique. C’est à ce moment qu’elle commence à peintre plus sérieusement, apprenant en auto-didactique.



En 1956, Niki de Saint Phalle présente sa première exposition de peinture. La même année, elle rencontre Jean Tinguely, avec qui elle formera un duo dans la vie comme dans la création. Cela dit, Niki de Saint Phalle continuera de créer des œuvres toute sa vie en tant qu’artiste à part entière.


Au début des années 1960, elle réalise une série d’œuvres nommé Tirs, des performances durant lesquelles elle tire à la carabine sur des poches remplies de peintures qui éclatent et éclaboussent de leurs couleurs des tableaux-assemblages. Ces tableaux rassemblent des objets variés du quotidien, allant de lames de rasoirs à des batteurs à œufs en passant par des bras de poupées. Elle met également en scène la réalisation de ces œuvres en invitant des ami.es à tirer sur les poches de peinture durant des événements. La presse de l’époque parle beaucoup plus de la beauté de cette femme qui tire à la carabine que des propos que l’artiste désire aborder par ces créations.


En 1962, Niki de Saint Phalle présente sa première exposition solo à New York, à la Hugo Gallery dirigée par Alexander Iolas, avec qui elle présentera par la suite 17 expositions dans des lieux variés.


Niki de Saint Phalle explore tout au long de sa vie artistique les différents rôles sociaux des femmes, un questionnement incarné entre autres par sa série Nanas, des poupées grandeur nature de figures féminines. Au départ, les Nanas sont faites de matériaux souples tels que la laine ou le tissu mais évoluent rapidement pour devenir des sculptures de plâtre montées sur armature de fil de fer avant de devenir des monuments fabriqués de plastique de polyester ou d’époxy renforcé.


En 1963-1964, elle a créé une série de Nanas protestant contre les rôles sociétaux stéréotypés des femmes, en tant que porteuses d'enfants, mères dévorantes, sorcières ou prostituées. Puis, sa démarche évolue vers des représentations féminines archétypales dégageant une énergie positive et festive.


En 1966, elle présente en collaboration avec d’autres artistes une installation temporaire au Moderna Museet de Stockholm nommé Hon – en katedral, ce qui signifie Elle – une cathédrale en suédois – et qui est une Nana monumentale de 28 mètres de longueur sur 6 mètres de hauteur et 9 mètres de largueur, couchée sur le dos avec les jambes écartées. Les visiteuses et les visiteurs pouvaient entrer dans la statue par le sexe de la statue afin de découvrir à l’intérieur de son corps des espaces tels qu’une petite salle de cinéma, un bar, un cerveau, un étang et plein d’autres trucs.

En 1972, le maire de Jérusalem lui commande une œuvre d’art public pour un jardin d’enfants, et Niki de Saint Phalle réalise pour l’occasion le Golem, un monstre géant dont les trois langues rouges sont des glissoires. A cette occasion, l’artiste travaille avec du béton projeté pour la première fois. Niki de Saint Phalle réalise par la suite d’autres projets d’art public soit en solo ou en collaboration, dont la Fontaine Stravinsky à Paris, en France, en 1983 ou encore L’arbre aux serpents à Angers, en France également.


Niki de Saint Phalle conceptualise et construit également de fabuleux parcs de sculptures, soit le Jardin des Tarots, en Toscane et le Queen Califia’s Magical Circle à Escondido, en Californie.




Niki de Saint Phalle a aussi réalisé des œuvres et des séries d’œuvres engagées pour la libération des femmes du patriarcat mais aussi pour l’avancée des droits des afro-américains, ainsi que pour défaire les tabous stigmatisant les personnes atteintes du SIDA.



Tout au long de sa carrière créative, Niki de Saint Phalle a réalisé des œuvres fortes, démesurées et challengeant le statut quo. Au travers de ses créations, elle a abordé des sujets tels que les conflits religieux, le racisme, le sexisme, les droits reproductifs et les changements climatiques. Malgré l'utilisation spectaculaire des armes à feu dans sa série de premiers travaux Tirs, elle a soutenu le contrôle des armes à feu. Un peu avant son décès, elle a exposé des dessins critiquant l’administration du président des États-Unis de l’époque, soit George W. Bush.


Aujourd’hui, ses œuvres font parties de la collection du Musées d’art contemporain de Nice, en France, , du Sprengel Museum à Hanovre, en Allemagne ainsi que du Musée Tinguely à Bale, en Suisse. Il est possible d’admirer ses œuvres d’art public ainsi que de visiter le Jardin des Tarots et le Queen Califia’s Magical Circle.


En plus de ses œuvres, Niki de Saint Phalle a beaucoup écrit en français et en anglais et a accordé de nombreuses interviews ; une grande partie de ce matériel est recueillie dans ses archives qui sont conservés à la Niki Charitable Art Foundation.




Crédit :

1. Niki de Saint Phalle avant une séance de tirs devant son tableau-assemblage Drôle de mort or Gambrinus, février 1963, © Picture Alliance/Bridgeman Images.

2. Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, & Per Olof Ultvedt, Hon—en katedral (She—a Cathedral), 1966, techniques mixtes, vue de l'installation au Moderna Museet, Stockholm. Photo: Hans Hammarskiöld. © Hans Hammarskiöld Heritage.

3. Niki de Saint Phalle. Jardin des Tarots, techniques mixtes, vue de l'installation, Garavicchio, Italie, 2017. Photo: Valerio Mei/Alamy. © Niki Charitable Art Foundation.

4. Niki de Saint Phalle. Extrait d'un travail réalisé pour l'ANRS, agence française de recherche sur le sida, 1990, édition spéciale Niki de Saint Phalle.



Sources :

Pierre Descargues, Niki de Saint Phalle, Paris, A. Iolas, 1965.

Collectif, Niki de Saint Phalle, catalogue raisonné, Lausanne, Acatos, 2010, 583 pages.

Écoutez l'épisode de notre balado Matrimoine Oui! Niki de Saint Phalle x Catherine Boisvenue Ménard, artiste multi/inter-displinaires disponible sur le site de CISM-FM et sur la plateforme d'écoute Spotify.


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